Nombre de frelons asiatiques : nids et population en Belgique

par | Avr 26, 2026 | Non classé | 0 commentaires

Combien de frelons asiatiques dans un nid et en Belgique ?

Sommaire

Un nid de frelons asiatiques accroché dans un arbre, ça peut sembler anodin vu de loin. Une boule grisâtre, un peu comme du papier mâché. Sauf que dedans, à l’automne, il y a potentiellement plus de 6 000 individus. Six mille. Et chaque nid peut produire plusieurs centaines de futures reines capables de fonder leur propre colonie l’année suivante. On comprend vite pourquoi Vespa velutina gagne du terrain à une vitesse qui surprend même les entomologistes.

En Belgique, la situation a changé de nature. On n’est plus dans l’anecdote ou l’observation isolée : les données de Vespawatch, la plateforme nationale de surveillance, montrent une progression année après année, avec des disparités frappantes entre la Flandre, la Wallonie et Bruxelles. Cet article pose les chiffres sur la table. Combien de frelons dans un nid, vraiment ? Comment la colonie évolue du printemps à l’automne ? Et où en est-on en Belgique en 2026 ? On décortique tout ça, données scientifiques à l’appui.

Ce qu’il faut retenir

  • Cet article combine l’analyse démographique précise d’une colonie (évolution saisonnière du nombre d’individus) avec un état des lieux inédit de l’infestation en Belgique

  • En s’appuyant sur des données scientifiques et des rapports de surveillance régionaux (Vespawatch), nous expliquons la densité des nids en Flandre, Wallonie et Bruxelles pour offrir une vision globale de l’invasion

  • Cycle de vie et nombre de frelons dans un nid au fil des saisons

  • Nombre de nids en Flandre, Wallonie et Bruxelles

Cycle de vie et nombre de frelons dans un nid au fil des saisons

Tout commence par une seule femelle. La reine fondatrice, fécondée l’automne précédent, sort de sa diapause hivernale vers février-mars quand les températures remontent au-dessus de 13 °C. Elle est seule. Complètement seule. Son premier travail : construire un nid primaire, souvent de la taille d’une balle de ping-pong, dans un endroit abrité, un abri de jardin, un compteur électrique, sous un auvent. Ce nid primaire abrite les premières cellules où elle pondra ses œufs.

Nombre de frelons asiatiques : nids et population en Belgique

À ce stade, l’évolution de la population du nid est lente. La reine doit tout faire elle-même : construire, pondre, chasser, nourrir les larves. Les premières ouvrières n’émergent qu’au bout de 45 à 50 jours environ. On parle de 5 à 10 individus fin mai, début juin. C’est fragile. D’ailleurs, selon une étude publiée dans le Journal of Pest Science (Monceau et al., 2014), environ 70 % des nids primaires échouent avant d’atteindre ce stade. La reine meurt, le nid est détruit par un prédateur, ou les conditions météo ne suivent pas.

Ceux qui survivent passent à la vitesse supérieure. Une fois les premières ouvrières actives, la reine se concentre exclusivement sur la ponte. Le nid grossit. Souvent, la colonie déménage pour construire un nid secondaire, plus grand, généralement en hauteur dans la canopée des arbres (à 10-15 mètres, parfois plus). Ce nid secondaire, c’est celui qu’on repère à l’automne quand les feuilles tombent. Et c’est là que les chiffres deviennent impressionnants.

En été, de juin à août, la colonie passe de quelques dizaines à plusieurs centaines d’ouvrières. La croissance est exponentielle. La reine pond jusqu’à 100 œufs par jour selon les observations de Rome et al. (2021). Les ouvrières vivent entre 30 et 55 jours, mais elles sont remplacées en continu. Mi-août, un nid actif contient facilement 1 000 à 2 000 individus.

Le pic arrive en septembre-octobre. Le nombre d’individus à l’automne atteint son maximum : entre 4 000 et 6 000 frelons dans les colonies les plus prospères. Certaines études, notamment celles du Muséum national d’histoire naturelle de Paris, ont documenté des nids contenant jusqu’à 13 000 cellules. Toutes ne sont pas occupées simultanément, mais ça donne une idée de la capacité de production. À ce moment, le nid peut mesurer 80 cm de diamètre, parfois plus d’un mètre.

C’est aussi à l’automne que la colonie produit les sexués : des mâles et des futures reines (appelées gynes). Un seul nid peut produire entre 200 et 500 gynes. Après l’accouplement, ces futures reines quittent le nid et cherchent un abri pour passer l’hiver. Les mâles, les ouvrières et l’ancienne reine meurent avec les premiers froids. Le nid est abandonné et ne sera jamais réutilisé.

Récapitulons l’évolution au fil des mois :

  • Mars-avril : 1 individu (la reine fondatrice seule)

  • Mai-juin : 5 à 30 ouvrières

  • Juillet-août : 200 à 2 000 individus

  • Septembre-octobre : 4 000 à 6 000 individus (pic)

  • Novembre-décembre : déclin rapide, mort de la colonie

Pourquoi est-il déconseillé d’écraser un frelon asiatique ? Parce qu’un frelon stressé ou écrasé libère une phéromone d’alarme qui attire ses congénères. Près d’un nid actif en pleine saison, ça peut déclencher une attaque collective. Mieux vaut signaler le nid et faire appel à un professionnel.

État des lieux en Belgique : nombre de nids en Flandre, Wallonie et Bruxelles

7447 nids confirmés rien qu’en 2024 pour la Flandres selon les chiffres compilés par Vespawatch. Plus de 6000 estimés selon le CRAW pour 2024 en Wallonie. Probalement, plus d’un millier pour Bruxelles. C’est le genre de statistique qui fait réfléchir. Le frelon asiatique en Belgique n’est plus un phénomène émergent : c’est une réalité installée, avec une dynamique qui s’accélère chaque année.

Pour comprendre la densité régionale, il faut remonter un peu. Le premier nid de Vespa velutina en Belgique a été confirmé en 2016 à Tournai. Pendant quelques années, les signalements sont restés concentrés dans le Hainaut, à la frontière française, ce qui était logique puisque l’espèce colonisait depuis le sud-ouest de la France depuis 2004. La progression vers le nord semblait lente. Elle ne l’était pas.

La Wallonie reste la région la plus touchée. Le Hainaut, le Namurois et la province de Liège concentrent la majorité des nids wallons. La proximité avec la France, le relief vallonné qui offre des sites de nidification variés, et un tissu semi-rural favorable à la chasse aux insectes pollinisateurs expliquent cette densité. On y recense régulièrement plus de 60 % des nids belges. Les apiculteurs wallons sont en première ligne : certains signalent des pertes de ruches directement liées à la prédation par les frelons asiatiques.

La Flandre a longtemps semblé épargnée. C’est terminé. Depuis 2021, le nombre de nids de frelons asiatiques en Flandre a explosé. La province d’Anvers, le Brabant flamand et la Flandre orientale affichent des progressions de 40 à 80 % par an selon les données Vespawatch. Le terrain plat et urbanisé ne freine pas l’espèce, contrairement à ce qu’on aurait pu croire. Les frelons s’adaptent parfaitement aux zones périurbaines, aux parcs, aux jardins. Ils trouvent de quoi manger (abeilles, mouches, chenilles) et des supports de nidification en abondance (grands arbres, toitures, hangars).

Bruxelles-Capitale n’est pas épargnée non plus. La densité régionale y est moindre en valeur absolue, ce qui est normal vu la taille du territoire, mais les signalements augmentent. Des nids ont été trouvés dans des parcs publics, dans des arbres le long des avenues, et même sur des bâtiments en centre-ville. Le réseau de surveillance bruxellois s’appuie sur Vespawatch et sur les signalements citoyens, qui sont devenus un outil essentiel de détection précoce.

Vespawatch joue un rôle central dans tout ça. Cette plateforme, développée par l’Institut de recherche de la nature et de la forêt (INBO) et Honeybee Valley (UGent), permet à n’importe qui de signaler une observation de frelon asiatique, photo à l’appui. Les experts valident ensuite les signalements. Ce système de science citoyenne a permis de cartographier la progression de l’espèce avec une précision remarquable. En quelques années, la base de données est passée de quelques centaines à plusieurs milliers de signalements annuels.

Ce qu’on observe, c’est un front de colonisation qui se déplace vers le nord et l’est. Les provinces frontalières ont été touchées en premier, puis l’intérieur du pays. Aujourd’hui, pratiquement aucune province belge n’est indemne. La question n’est plus « est-ce que le frelon asiatique va arriver chez moi ? », mais plutôt « quand sera-t-il suffisamment dense pour poser un vrai problème écologique local ? »

Pour comparaison : en France, on estime que le nombre de nids dépasse les 100 000 par an sur l’ensemble du territoire. La Belgique n’en est pas encore là, mais la trajectoire est la même, avec un décalage de quelques années.

Facteurs de prolifération : pourquoi le nombre de colonies explose ?

Trois mots : biologie, climat, absence de prédateurs. Le cycle biologique de Vespa velutina est une machine à coloniser. Reprenons les chiffres : un seul nid produit 200 à 500 futures reines à l’automne. Même si 90 % d’entre elles ne survivent pas à l’hiver (prédation, froid, échec de diapause), il en reste 20 à 50 capables de fonder une nouvelle colonie au printemps suivant. Un nid qui en engendre 20 à 50 l’année d’après, c’est une pression démographique colossale.

Le taux de survie des reines fondatrices est le facteur clé. Et il semble augmenter. Pourquoi ? Les hivers belges sont de plus en plus doux. Les données de l’IRM (Institut royal météorologique) montrent que les hivers avec des périodes de gel prolongé se raréfient. Or, c’est le gel qui tue une partie des reines en diapause. Des hivers plus cléments signifient plus de reines survivantes au printemps, donc plus de nids primaires, donc plus de colonies qui arrivent à maturité.

Le réchauffement climatique joue aussi sur la durée de la saison active. Les colonies démarrent plus tôt au printemps et restent actives plus tard à l’automne. Ça leur laisse plus de temps pour croître et produire des sexués. Une étude de Barbet-Massin et al. (2013), publiée dans Biological Invasions, avait modélisé l’expansion potentielle de Vespa velutina en Europe en fonction des scénarios climatiques. La Belgique était clairement dans la zone de colonisation prévue.

L’absence de prédateurs naturels efficaces est un autre facteur déterminant. En Asie, son continent d’origine, le frelon asiatique est régulé par d’autres espèces de frelons, par des parasites spécifiques et par des abeilles asiatiques qui ont développé des stratégies de défense (la fameuse « boule de chaleur » où les abeilles entourent le frelon et le tuent par hyperthermie). Nos abeilles européennes, Apis mellifera, n’ont pas cette capacité. Elles sont des proies faciles.

L’impact sur la biodiversité est direct et mesurable. Le frelon asiatique est un prédateur généraliste, mais il cible particulièrement les abeilles domestiques et sauvages. Une colonie de frelons peut capturer entre 25 et 50 kg d’insectes par saison, dont une part significative d’abeilles. Dans les zones fortement infestées du sud de la France, les apiculteurs rapportent des pertes de 30 à 50 % de leurs colonies. Mais l’impact ne se limite pas aux abeilles : les syrphes, les papillons, les guêpes sociales et d’autres pollinisateurs sont aussi touchés. C’est tout le réseau de pollinisation qui est fragilisé.

Il y a aussi un facteur qu’on sous-estime : la capacité d’adaptation de l’espèce. Vespa velutina nidifie dans des environnements très variés. Cimes d’arbres, haies basses, toitures, cabanes de jardin, boîtiers électriques. Cette flexibilité rend la détection difficile. Beaucoup de nids ne sont découverts qu’à l’automne, quand les feuilles tombent et que la colonie a déjà produit ses futures reines. Trop tard pour empêcher la dispersion.

Quelle odeur déteste le frelon asiatique ? On lit beaucoup de choses à ce sujet. Le clou de girofle, le café brûlé, la citronnelle. Soyons honnêtes : aucune de ces méthodes n’a été validée scientifiquement comme moyen de répulsion efficace à l’échelle d’un jardin ou d’un rucher. Les pièges à base de bière et de sirop peuvent capturer quelques individus, mais ils attrapent aussi des insectes non ciblés et n’ont aucun effet significatif sur la dynamique d’une colonie. La seule méthode qui fonctionne vraiment, c’est la destruction des nids par des professionnels équipés.

La prolifération du frelon asiatique en Belgique n’est pas une fatalité, mais elle demande une réponse coordonnée. La détection précoce des nids primaires au printemps, le signalement systématique via Vespawatch, et la destruction rapide des nids actifs sont les trois piliers d’une stratégie qui peut au moins ralentir l’expansion. Les chercheurs travaillent aussi sur des pistes de lutte biologique, notamment un micro-champignon parasite (Beauveria bassiana) et des techniques de piégeage sélectif plus performantes. Rien de miraculeux pour l’instant, mais la recherche avance.

Conclusion

Les chiffres sont clairs. Un nid de frelons asiatiques peut abriter jusqu’à 6 000 individus à son pic automnal et produire des centaines de futures reines. En Belgique, la colonisation par Vespa velutina touche désormais toutes les régions, de la Wallonie à la Flandre en passant par Bruxelles, avec une accélération nette ces dernières années.

Si vous repérez un frelon asiatique ou un nid suspect, le bon réflexe : photographiez et signalez sur Vespawatch. Chaque signalement compte. Chaque nid détruit au printemps, c’est potentiellement 500 reines de moins l’automne suivant. La lutte contre cette espèce invasive est un effort collectif, et il commence par l’observation.

Questions fréquentes

Combien de frelons contient un nid à son apogée ?

À l’automne, un nid de frelons asiatiques peut abriter entre 4 000 et 6 000 individus dans les colonies les plus prospères. C’est le moment où la population est maximale et où le nid peut atteindre plus de 80 cm de diamètre.

Quelle est la situation du frelon asiatique en Belgique en 2026 ?

L’espèce est désormais installée sur tout le territoire, avec des milliers de nids recensés en Wallonie, en Flandre et à Bruxelles. La progression est exponentielle, facilitée par des hivers de plus en plus doux qui favorisent la survie des reines fondatrices.

Comment se développe une colonie de frelons au fil des saisons ?

Tout commence au printemps par une reine seule qui bâtit un nid primaire de la taille d’une balle de ping-pong. La colonie croît ensuite tout l’été pour atteindre son pic en septembre, avant de mourir naturellement lors des premiers gels, à l’exception des futures reines.

Que faire si je trouve un nid de frelons asiatiques ?

Ne tentez jamais de le détruire vous-même, car les frelons attaquent en groupe s’ils se sentent menacés. Photographiez-le à distance et signalez-le sur la plateforme Vespawatch pour qu’un professionnel certifié puisse intervenir en toute sécurité.

Un nid de frelon asiatique est-il réutilisé l’année suivante ?

Non, les nids de frelons asiatiques sont à usage unique et sont systématiquement abandonnés à la fin de l’hiver. Les futures reines qui ont survécu au froid fonderont de toutes nouvelles colonies ailleurs dès le retour du printemps.

Pourquoi le frelon asiatique est-il dangereux pour la biodiversité belge ?

C’est un prédateur redoutable qui peut consommer jusqu’à 50 kg d’insectes par saison, ciblant principalement les abeilles domestiques et sauvages. Son absence de prédateur naturel en Belgique fragilise l’ensemble de l’écosystème de pollinisation local.

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